Le nouveau contexte énergétique

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Le poste énergie est devenu l’un des plus importants des comptes de charges, avec la perspective de très fortes augmentations à court terme et d’une très grande volatilité.

Quelque soit la conjoncture (baisse de la demande, effet gaz de schistes, …), le coût des énergies primaires ne cesse d’augmenter, alors même que l’énergie est de plus en plus essentielle à toute activité.

Il est maintenant de notoriété publique en France que le coût de l’électricité est sous évalué et le rattrapage est bien amorcé, avec une hausse de +20% du prix du kWh entre 2010 et 2013. La demande électrique est en croissance continue, alors même que le parc nucléaire est en fin de vie. Or la nouvelle génération de centrales promet un coût de production quasiment doublé (plus de 120 €/MWh pour l’EPR*, contre 59,8 € pour les réacteurs du parc actuel**). Et encore, ce coût ne représente que 40% du prix final de l’électricité : il faut y ajouter les frais et taxes liées au transport et à la distribution, sur un réseau lui même vieillissant qui va nécessité de gros investissements. C’est donc encore 50% minimum de hausse annoncée pour les consommateurs d’ici 2020 (source : Commission d’Enquête du Sénat).

Hausse élec

2016 marquera la fin des tarifs régulés de l’électricité et du gaz et le début de la libéralisation pleine et entière des marchés de l’énergie. Ainsi au 1° janvier 2016, tous les abonnés à des contrats de puissance > 36 kVA sont tenus d’avoir négociés et souscris un nouveau contrat de fourniture sur le marché libre. Les conditions de ces nouveaux contrats sont alors évidemment celles fixées par les opérateurs et non plus par l’autorité de régulation, avec des engagements de 1 à 3 ans et un prix final du kWh fixé par une équation complexe et à l’arrivée quelques surprises sur le montant des factures.

Les perspectives ne sont pas meilleurs pour les énergies fossiles, qui sont hautement émettrices de CO2 et de plus en plus taxées pour cela. Les découvertes de nouveaux gisements ne suffisent plus à augmenter les réserves mondiales et pour la pétrole nous avons atteint le « pic-oil », sommet d’une courbe marquant le début de la raréfaction. Les nouveaux gisements (gaz de schistes et autres pétroles bitumineux) ne sont pas pérennes et l’effet de baisse des prix actuel, résultat de l’abondance provisoire de l’offre, sera de courte durée (l’exploitation d’un forage de Gaz de schistes est inférieure à 10 ans). Toute reprise de l’économie mondiale entraînera une hausse vertigineuse des cours.

En parallèle, les énergies renouvelables se développent à grande échelle, certes elles sont propres, mais surtout elles sont de plus en plus compétitives : moins de 70 € du MWh pour l’électricité solaire photovoltaïque, même en France. Les progrès de la science et l’industrialisation de nouvelles technologies (couches minces, cellules organiques, …) promettent encore des gains phénoménaux sur le coût des composants, principal paramètre du prix de revient, le soleil restant gratuit.

Les fondamentaux économiques des renouvelables se sont tellement améliorés qu’ils attirent aujourd’hui massivement les flux d’investissements (cf article paru dans l’Usine Nouvelle – Octobre 2015 : « le solaire, usine à cash »). En effet, le risque est quasiment nul et les rendements dépassent maintenant ceux des énergies classiques.

*Prix annoncé pour l’entrée en service de l’EPR anglais.
**Coût complet de production, source : rapport de mai 2014 de la Cour des Comptes.

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