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Autoconsommation photovoltaïque : enfin une réalité

La réalisation d’installations solaires en autoconsommation prouve déjà toute sa pertinence économique sur les bâtiments et sites ayant un profil de consommation synchrone à une production solaire : magasins, centres commerciaux, entrepôts frigorifiques, bâtiments tertiaires et industriels. Les projets sont simples à réaliser, sans démarches lourdes ni frais de raccordement au réseau. Les possibilités d’intégration sont multiples : en toiture sans toucher à l’étanchéité (surimposition), en ombrière de parking ou simplement sur des supports posés au sol.

Hausse importante des tarifs de l’électricité.

Le mythe de l’électricité « pas chère » en France est mort en 2010 avec différents constats et rapports des autorités. Principales causes : le coût de démantèlement des centrales nucléaires n’est pas provisionné et celui de leur prolongation est largement sous-évalué. Quand au remplacement du parc nucléaire actuel, le coût de l’EPR ne cesse de s’envoler. L’opérateur historique se retrouve aujourd’hui devant un mur d’investissement … qu’il va falloir franchir rapidement. Conséquence : + 20% déjà enregistrés sur les factures d’électricité et + 30% de plus minimum d’ici 2020 pour gérer l’urgence.

Prix de l'électricité

Evolution du prix final de l’électricité (tarif bleu)

Volatilité des prix et complexité de la facture électrique.

Au 1° janvier 2016, tous les abonnés à une puissance >36 kVA doivent souscrire un contrat sur le marché libre. Les opérateurs font des offres alléchantes aux gros consommateurs et aux abonnés mutualisant leurs contrats ; 6, 5, voir 4 cts d’€ du kWh. Mais ces contrats marché libre sont conclus pour 2 ans seulement et le tarif s’entend hors charges et taxes liées à la livraison électrique : abonnement, comptage, CSPE, CTA, TCFE, TVA. Le prix de base du kWh est lui-même variable selon la période et les plages horaires. De nombreuses pénalités sont prévus particulièrement en cas de dépassement de puissance. Il suffit de diviser le montant à payer de sa facture par le nombre de kWh réellement consommés pour constater l’écart important avec les prix de base contractuels annoncés. Avec les fortes hausses à venir il est clair qu’il vaut mieux être producteur d’électricité que simple consommateur passif.

Facture électricité

Décomposition du prix final du kWh (tarif bleu)

 

L’électricité photovoltaïque enfin compétitive

Depuis 2007, le coût des panneaux et des installations photovoltaïques n’a cessé de chuter. Ainsi à puissance égale, l’investissement est en moyenne aujourd’hui divisé par 5. Or le coût de production de l’électricité solaire est avant tout lié à l’amortissement du capital engagé. Avec l’autoconsommation, les installations n’ont pas à supporter les surcoûts d’intégration au bâti et de raccordement au réseau. Elles produisent plus (sans intégration au bâti les panneaux sont mieux ventilés) et cette production se compare au prix réel des kWh TTC auxquels elle se substitue avec un effet vertueux : plus celui-ci augmente et plus l’investissement réalisé est rentable ! Un dispositif d’incitation est à l’étude au Ministère, qui viendrai même accorder une prime pour les kWh auto-consommés, considérant qu’ils soulagent le réseau et participent à construire un modèle énergétique décarboné, conforme aux engagements Européen pris par la France.

Cadre réglementaire et valorisation patrimoniale.

L’atteinte de ces objectifs passe entre autre par la contrainte réglementaire. La loi sur la biodiversité en discussion au parlement va imposer à partir de 2016 une toiture «active» (solaire ou végétalisée) pour toute surface commerciale de + de 1 000 m². Puis la RT2020, prochaine réglementation thermique,  va imposer le bâtiment à énergie positive pour toute construction neuve. Un tel bâtiment à énergie positive possède un avantage de poids ; plus économe, autonome et producteur d’énergie, il est extrêmement compétitif en termes d’exploitation et en phase avec la Responsabilité Sociale et Environnementale des occupants. Ainsi, bien au-delà de la seule obligation réglementaire, le différentiel de prix constaté à la revente entre un bâtiment peu performant et un bâtiment à énergie positive est déjà de 25%.

Et demain ?

L’apparition de solutions « on-site » de stockage et de régulation à prix compétitif va démultiplier l’intérêt d’une production d’électricité sur site, locale et décentralisée. Ces évolutions technologiques ouvrent la voie à la mise en place des « SmartGrids », les réseaux intelligents, dans la logique des Territoires à Energie Positive. Pour les producteurs actuels et futurs, ce nouveau marché de l’énergie ouvre d’intéressantes opportunités de création de valeur et incite à devenir un consom’acteur de cet internet de l’énergie qui se met en place. L’énergie est donc plus que jamais un déterminant de la compétitivité des entreprises et des organisations.

 

Transition énergétique

Ce terme de transition énergétique désigne le mouvement amorcé de refonte en profondeur du système assurant la production, le transport et la distribution d’énergie, ceci dans une logique de marché libre et compétitif.

La production sera de plus en plus d’origine renouvelable. Le transport et la distribution s’organiseront autour de réseaux interconnectés fonctionnant dans les 2 sens (soutirage et injection) et dans un maillage local, comparable à un internet de l’énergie. L’équilibrage et le pilotage de ces nouveaux réseaux sera effectué en temps réel : c’est l’enjeu des SmartGrids rendu possible par les NTIC et le « big data ».

ElectroGrid

Vers un internet de l’énergie

Après avoir vécu le temps des grandes centrales, nous entrons donc dans l’ère de l’énergie distribuée qui va interconnecter les moyens de production et de consommation à l’échelle des territoires, en recherchant un très haut niveau d’efficacité économique et environnementale.

De nouvelles ressources sont économiquement exploitables : biomasse permettant de produire du gaz et des carburants « vert », récupération de chaleur, … et permettent à la fois de limiter les émissions de CO2 et de préserver les ressources fossiles pour d’autres usages (le pétrole est aussi la matière première pour les plastiques et de nombreux matériaux indispensables).

Entrer dans le transition énergétique c’est appréhender différemment la satisfaction de nos besoins en cherchant la compétitivité économique, la pertinence environnementale et la pérennité des solutions.

Le nouveau contexte énergétique

Le poste énergie est devenu l’un des plus importants des comptes de charges, avec la perspective de très fortes augmentations à court terme et d’une très grande volatilité.

Quelque soit la conjoncture (baisse de la demande, effet gaz de schistes, …), le coût des énergies primaires ne cesse d’augmenter, alors même que l’énergie est de plus en plus essentielle à toute activité.

Il est maintenant de notoriété publique en France que le coût de l’électricité est sous évalué et le rattrapage est bien amorcé, avec une hausse de +20% du prix du kWh entre 2010 et 2013. La demande électrique est en croissance continue, alors même que le parc nucléaire est en fin de vie. Or la nouvelle génération de centrales promet un coût de production quasiment doublé (plus de 120 €/MWh pour l’EPR*, contre 59,8 € pour les réacteurs du parc actuel**). Et encore, ce coût ne représente que 40% du prix final de l’électricité : il faut y ajouter les frais et taxes liées au transport et à la distribution, sur un réseau lui même vieillissant qui va nécessité de gros investissements. C’est donc encore 50% minimum de hausse annoncée pour les consommateurs d’ici 2020 (source : Commission d’Enquête du Sénat).

Hausse élec

2016 marquera la fin des tarifs régulés de l’électricité et du gaz et le début de la libéralisation pleine et entière des marchés de l’énergie. Ainsi au 1° janvier 2016, tous les abonnés à des contrats de puissance > 36 kVA sont tenus d’avoir négociés et souscris un nouveau contrat de fourniture sur le marché libre. Les conditions de ces nouveaux contrats sont alors évidemment celles fixées par les opérateurs et non plus par l’autorité de régulation, avec des engagements de 1 à 3 ans et un prix final du kWh fixé par une équation complexe et à l’arrivée quelques surprises sur le montant des factures.

Les perspectives ne sont pas meilleurs pour les énergies fossiles, qui sont hautement émettrices de CO2 et de plus en plus taxées pour cela. Les découvertes de nouveaux gisements ne suffisent plus à augmenter les réserves mondiales et pour la pétrole nous avons atteint le « pic-oil », sommet d’une courbe marquant le début de la raréfaction. Les nouveaux gisements (gaz de schistes et autres pétroles bitumineux) ne sont pas pérennes et l’effet de baisse des prix actuel, résultat de l’abondance provisoire de l’offre, sera de courte durée (l’exploitation d’un forage de Gaz de schistes est inférieure à 10 ans). Toute reprise de l’économie mondiale entraînera une hausse vertigineuse des cours.

En parallèle, les énergies renouvelables se développent à grande échelle, certes elles sont propres, mais surtout elles sont de plus en plus compétitives : moins de 70 € du MWh pour l’électricité solaire photovoltaïque, même en France. Les progrès de la science et l’industrialisation de nouvelles technologies (couches minces, cellules organiques, …) promettent encore des gains phénoménaux sur le coût des composants, principal paramètre du prix de revient, le soleil restant gratuit.

Les fondamentaux économiques des renouvelables se sont tellement améliorés qu’ils attirent aujourd’hui massivement les flux d’investissements (cf article paru dans l’Usine Nouvelle – Octobre 2015 : « le solaire, usine à cash »). En effet, le risque est quasiment nul et les rendements dépassent maintenant ceux des énergies classiques.

*Prix annoncé pour l’entrée en service de l’EPR anglais.
**Coût complet de production, source : rapport de mai 2014 de la Cour des Comptes.